L'accord du 21 juillet évite une cessation de paiement des pays de la zone euro en difficulté, réduit les taux d'intérêt des prêts européens à ces pays et allonge leur durée, se préoccupe du redémarrage de la croissance dans ces pays, prévoit une gouvernance économique renforcée : tout ceci va dans la bonne direction, ce qui explique sans doute la réaction initiale favorable des marchés financiers.
Cependant, nos craintes se sont révélées fondées: les résultats du sommet européen du 21 juillet 2011 ont très rapidement déçu les marchés pour plusieurs raisons :
Pour arrêter la contagion, dans une optique de court terme, la seule solution est de mettre en place une capacité d’intervention massive sur les marchés des dettes publiques de la zone euro ce qui rassurerait les investisseurs et découragerait les spéculateurs.
Compte tenu de la taille des dettes, cette capacité d’intervention ne peut être financée que par la création monétaire, donc doit être confiée à la BCE, qui refuse pour l’instant ce rôle (à cause de la création monétaire induite, du refus de mettre des actifs risqués sur son bilan).
La multiplicité des émetteurs souverains dans une Union Monétaire conduit inévitablement à des crises. En effet, dans une Union Monétaire, les pays deviennent de plus en plus hétérogènes en raison de leur spécialisation productive différente (ceci se voit par exemple en ce qui concerne le poids de l’industrie, la situation de la balance courante), et cette hétérogénéité pousse les investisseurs à arbitrer les pays les uns contre les autres. Ceci ne peut être interrompu que par la mise en commun d’une partie du financement des Etats de la zone euro (Eurobond), ce qui est refusé par les pays du Nord.
Un nouveau sommet européen est donc nécessaire rapidement. Cependant, il ne sera utile que s’il débouche :
Patrick Artus
Natixis